HISTOIRE DES HARAS

Jean-Luc Lagardère et ses 222 chevaux

L’entrée dans le 21ème siècle marque le début d’une nouvelle époque pour les Haras du Prince Aga Khan avec l’arrivée de huit nouveaux étalons tous issus de l’élevage familial.

Lagardère fut le premier président de France Galop, de la création de la société en 1995 jusqu’à sa mort en 2003. Alors que son écurie de course était une entreprise familiale, son fils Arnaud décida de la céder en 2005. L’Aga Khan se porta acquéreur de 222 chevaux au total, dont un étalon (Linamix), 62 juments, 74 chevaux à l’entraînement, 42 yearlings et 43 foals. Ce troisième apport de chevaux solidifia une fois de plus ses familles.

Pour Pat Downes, directeur des haras irlandais de l’Aga Khan :

"L’achat des effectifs Lagardère, en plus d’introduire du sang neuf dans l’élevage, marque un véritable succès. Ces achats sont en cohérence avec ce que Son Altesse a fait par le passé, lorsqu’il introduisit les chevaux Dupré et Boussac. Les chevaux de trois ans en 2010 sont les premiers produits des familles Lagardère auxquelles on a appliqué les méthodes d’élevage Aga Khan. Il sera donc intéressant d’observer les résultats de ces chevaux en courses".

Parmi ces chevaux figuraient les gagnants de Groupe I à deux ans Rosanara et Siyouni.

Charles-Henri de Moussac (éleveur, propriétaire du Haras de Mézeray) affirme :

"Quand j’ai appris qu’Arnaud Lagardère ne voulait pas continuer, j’ai dit que le meilleur investissement que l’on pouvait faire aujourd’hui dans l’élevage serait de racheter l’élevage Lagardère. Il s’était constitué une jumenterie de très bon niveau. Acheter cet élevage, en pleine réussite, et se donner ainsi la chance de travailler avec de nouvelles familles en les mariant à son élevage, était une très bonne décision de la part de l’Aga Khan. Ce type d’opération lui a toujours réussi par le passé. Il est toutefois encore tôt pour connaître le véritable impact de cette acquisition mais je suis certain que c’est un excellent investissement à long terme".

La princesse Zahra Aga Khan évoque les chevaux Lagardère en ouvrant sur une perspective différente :

"L’achat des écuries Lagardère nous offrit l’opportunité d’acquérir la totalité d’un élevage de très grande qualité. C’était la concrétisation de la vision d’un homme merveilleux : acquérir de très bons terrains, des installations, les familles, des souches que nous n’avions pas, certaines issues de courants de sang américain. Il était intéressant de croiser ces souches avec les nôtres. Cela a produit des pedigrees tout à fait nouveaux. Mon père dit souvent qu’il faut toujours essayer des choses nouvelles avec toutes les familles, pour voir ce qui fonctionne le mieux. Si nous pouvons produire un étalon issu des chevaux Lagardère, celui-ci n’aura aucun lien avec les juments Aga Khan. Nous espérons toujours obtenir une "pollinisation croisée » des points forts. Il croisait ses juments à Linamix – nous tentons d’enrichir nos souches. Ses poulinières sont des filles de Linamix. Un des étalons avec lequel elles se marient bien sur le papier est Sinndar. Le croisement de juments issues de Linamix avec Sinndar connaît une grande réussite et 2010 est la 3ème année durant laquelle ce croisement donne des vainqueurs. La France avait besoin d’un grand étalon et Linamix en fut un".